Korean_Puzzle

Research project on women over 45 who are passionate about South Korea

Projet de recherche sur les femmes de plus de 45 ans passionnées de Corée du Sud

Le puzzle coréen explore le paradoxe entre les femmes occidentales de plus de 45 ans fascinées par la Corée et les jeunes Coréennes qui rêvent de partir.

This blog is dedicated to the women participating in this research project on the appeal of South Korea among women—mostly French-speaking—over the age of 45. Often overlooked, their enthusiasm is poorly documented in the numerous studies that examine the Hallyu (Korean wave) phenomenon.

It also aims to contrast this enthusiasm with the desire of a younger generation of Korean women to live abroad. 

How can the same country generate such contrasting feelings of attraction and rejection?

These are the questions that underpin this collaborative project.

Second séjour en 2023

Bonjour à toutes,

Dans ce post, je vous parle de mon second voyage en Corée en 2023.

Me voilà de nouveau chez Valeo mais cette fois-ci je n’occupe pas un poste mais deux : je remplace un congé maternité et je manage un gros projet au niveau mondial. Après 10 mois, je suis sur les rotules, mon contrat est censé se terminer en septembre. Ils veulent le prolonger et je sens que la personne que je remplace ne compte pas revenir de congé de sitôt. Je négocie un break de 4 semaines.

Mon amie Shantal a alors un solo show à Séoul qui se termine fin septembre.

(First Tape Aid Kit https://www.instagram.com/stories/highlights/18078574717415014/).

Je décide d’aller en Corée.

Un voyage sous le signe de la fatigue

Fatiguée, j’ai du mal à planifier mon voyage. J’ai la chance que Shantal m’héberge pour le temps où je suis à Séoul. Dasom, mon autre amie coréenne, m’aide à planifier le reste.

J’arrive en plein Chuseok, la fête des moissons, où les Coréens eux-mêmes voyagent beaucoup.

Mon itinéraire : Séoul – Jeju (Seogwipo dans le sud) – Busan (Gwangalli Beach) – Gyeongju (au bord du lac) – Séoul – Gwangju (mon amie Dasom est originaire de la région) et Mokpo (en week-end avec Dasom).

Séoul revisité

Shantal habite Jayang-dong, pas loin des rives de la rivière Han et du parc Ttukseom Hangang Park. J’aime bien ce quartier et je dois dire que pouvoir aller se promener le long de la rivière le soir est bien sympathique, j’y ai même vu un spectacle de drones. Le week-end, les séoulites plantent leurs tentes et amènent tout leur matériel de camping pour passer un moment agréable en famille.

Ce n’est pas loin non plus de la Seoul Forest et du quartier de Seongsu qui a des petits airs de Brooklyn (enfin pour moi. Il faut toujours qu’on se raccroche à ce que l’on connaît).

Je prends la mesure des distances dans les villes coréennes, tout me paraît être à au moins 1 heure de transports.

Je franchis la rivière jusqu’à Gangnam, pas convaincue, même si le quartier d’Apgujeong est sympa pour sortir dîner le soir.

Je visite la Seoul Tower et le Musée National de Corée, magnifique. La biennale du Musée National d’Art Moderne est très intéressante.

Je découvre même un sanctuaire shamanique sur les hauteurs de la ville autour duquel les gens font de la randonnée.

Questionnements 

À mesure que j’avance dans ce voyage, ce pays plein de contrastes devient de plus en plus énigmatique pour moi. Je suis un peu perdue.

Lorsque je voyage en dehors de Séoul, je croise de nombreux Coréens en vacances soit en couple soit en famille. J’ai le sentiment que tous les Coréens sont amoureux (les séances de pose dans les différents sites et le matériel et costumes utilisés sont impressionnants), ou bien mariés avec deux enfants. Il est toujours intéressant de se laisser prendre au jeux des premières impressions; la Corée a le plus faible taux de natalité au monde.

À Jeju, face aux paysages volcaniques somptueux, mon impression de nation tellurique se renforce. 

À Busan, sur la plage de Gwangalli, je photographie les couples qui se prennent en selfie devant le pont illuminé.

J’ai le sentiment de ne gratter que la surface, et, incapable d’aligner 3 mots de coréen, je suis frustrée.

Heureusement le retour à Séoul, avec mes amies et mon week-end à Mokpo avec Dasom vont me réconforter.

L’empire des sons

Je repense au livre de Françoise Hugier, Virtual Seoul, et à son introduction qui parle de la Corée comme de l’empire des images, d’une société en perpétuelle représentation. Peut-être parce que j’ai moi-même vécu à New York, ce n’est pas tant la présence constante d’écrans et d’images qui me questionne que les sons.

Partout où je vais, j’ai l’impression d’entendre des sons : il y a la petite musique dans le métro qui annonce l’arrivée de la prochaine rame, les diverses annonces captées ici et là, jusque dans le parc Seongsan Ilchulbong à Jeju. Cette saturation sonore constante me déroute autant qu’elle me fascine.

Comme le dit Patrick Maurus dans son introduction : « Pas plus d’espaces vides que de moments de silence. La nouvelle nature coréenne a horreur du vide. »

Je me dis qu’il ne faut pas partir en voyage fatiguée. On n’arrive pas à saisir les nuances du pays que l’on visite. Je me dis aussi que la prochaine fois il faudra que j’aille dans les campagnes.

Le “syndrome coréen”

Car je pense déjà à une prochaine fois. Avant de partir, je me suis inscrite à plusieurs groupes Facebook de Français en Corée, dont “Voyageuses solitaires et solidaires en Corée”, et là je découvre que, contrairement à mes a priori, une grande majorité des voyageuses sont des femmes de mon âge (plus de 45 ans), passionnées par la Corée du Sud.

Cette révélation me questionne. Je découvre toute une communauté de femmes mûres, indépendantes, qui ont choisi la Corée comme destination de prédilection.

Perplexe face à cet engouement, je me dis qu’il faut que j’investigue plus profondément, car si je ne peux pas dire que je sois attirée par la Corée, il y a quelque chose de paradoxal dans ce pays qui me fascine, sans que j’arrive à saisir pourquoi.

Je me dis qu’échanger avec d’autres femmes me permettra peut-être d’y voir plus clair. Et si cette fascination collective révélait quelque chose de plus profond sur nous, femmes de plus de 45 ans? 

Gyeongju

Dans le prochain post, je vous raconterai comment cette intuition s’est transformée en projet collaboratif, et pourquoi j’ai décidé de retourner en Corée avec un appareil photo et une mission bien précise…

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