Korean_Puzzle

Research project on women over 45 who are passionate about South Korea

Projet de recherche sur les femmes de plus de 45 ans passionnées de Corée du Sud

Le puzzle coréen explore le paradoxe entre les femmes occidentales de plus de 45 ans fascinées par la Corée et les jeunes Coréennes qui rêvent de partir.

This blog is dedicated to the women participating in this research project on the appeal of South Korea among women—mostly French-speaking—over the age of 45. Often overlooked, their enthusiasm is poorly documented in the numerous studies that examine the Hallyu (Korean wave) phenomenon.

It also aims to contrast this enthusiasm with the desire of a younger generation of Korean women to live abroad. 

How can the same country generate such contrasting feelings of attraction and rejection?

These are the questions that underpin this collaborative project.

Week 50 – Remise à plat du projet

Réadaptation progressive

Cela fait maintenant quinze jours que je suis rentrée. Le retour reste difficile entre le gris du ciel, les bâches du ravalement devant mes fenêtres et l’absence de perspectives professionnelles pour le moment.

Heureusement, l’esprit de Noël est là et je pars bientôt fêter Noël en famille en Bretagne.

Je vous écris en retard, comme d’habitude. Dans quelques heures je pars pour Lyon où je suis censée rencontrer Marion, une Française installée au Québec, de retour en France pour les fêtes. J’en profite pour voir mes meilleurs amis installés dans la région – on se connaît depuis le lycée.

Cette semaine, je suis allée scanner mes sérigraphies au labo de l’ADAGP qui vient d’ouvrir. C’est une chance incroyable de pouvoir scanner ses œuvres gratuitement.

La série Rémanences – décryptage

Du coup, je me suis dit que dans ce post j’allais vous parler plus en détail de la série développée pendant ma résidence, qui n’est qu’une petite partie du projet.

La note d’intention

La série s’appelle Rémanences – 잔상 (jansang) – Afterimage. Pour chaque série, on développe une note d’intention qui explique au spectateur comment la série est née et ce qu’on cherche à transmettre. Voici le texte que j’ai développé pour celle-ci :

Le titre Rémanences – 잔상 (jansang) signifie « image résiduelle », ou « afterimage ». Il évoque à la fois la persistance rétinienne et ce qui reste d’une expérience vécue. Les femmes que j’ai rencontrées portent en elles des images de la Corée qui se superposent et colorent leur regard sur elles-mêmes et sur le monde.

Réalisées à partir d’images filmées au Lomokino lors d’une résidence à Busan, puis transposées en sérigraphie, ces images assument leur part de décalage et d’imperfection. Ces procédés produisent des images décalées, accidentées, vibrantes. Chaque passage d’encre ajoute une couche de sens, comme la découverte progressive d’une culture étrangère.

De la même façon, chaque tirage est unique, comme chaque parcours de ces femmes, et porte des accidents et des altérations, autant de traces du processus d’acculturation et de transformation. La sérigraphie devient ici une métaphore visuelle du passage : à chaque couche d’encre correspond une strate d’expérience, une tentative d’ajustement entre fantasme et réalité.

Le processus 

Le Lomokino est une petite caméra argentique qui permet de réaliser des films (environ 144 images par pellicule de 35mm). C’est ce qu’on appelle une “toy camera”, très “low tech”. J’ai déjà posté certains des petits films réalisés avec cet appareil.

À partir des scans réalisés sur place, j’ai sélectionné quelques images que j’ai imprimées en sérigraphie.

La sérigraphie est une technique d’impression directe sur papier à partir d’un écran (tissu tendu sur un cadre aluminium), en utilisant un écran individuel pour chaque couleur primaire (cyan, magenta, jaune et noir). Pour créer une image, il faut donc passer 4 couches de couleur sur un même papier – avec toutes les erreurs d’alignement qui s’ensuivent.

On part d’une image digitale, à partir de laquelle on crée 4 négatifs digitaux (un pour chaque couleur). On enduit chaque écran d’une émulsion photosensible et on place le négatif et l’écran dans une insoleuse. L’insolation va bloquer les rayons ultraviolets aux endroits où l’on souhaite que l’encre traverse les mailles du tissu.

Les ratés créatifs

J’ai eu pas mal de ratés à ce stade du projet, notamment quand une partie de l’image disparaît lors du rinçage. Mais cela a créé de belles surprises, comme l’effet de halo sur certaines images. 

Comme sur cette image, qui est ma préférée, ou seul le centre de l’écran cyan est resté au rinçage, formant cet halo bleu. J’aurais du refaire une insolation mais j’ai décidé de tenter l’expérience.

Ensuite on applique chaque couche de couleur avec une raclette. On commence par le jaune, puis le magenta, le cyan et enfin le noir.

À chaque étape, il faut s’assurer qu’on cale bien le papier au même endroit pour que les couleurs se superposent. Anna était très inventive pour créer des repères mais cela n’a pas empêché quelques décalages bienvenus.

Quand on prend trop de temps entre les différentes impressions, l’encre sèche et bouche l’écran. Il faut alors passer plusieurs fois la raclette avec des papiers “brouillons” pour enlever l’excès d’encre. C’est comme cela que certaines de mes images préférées ont été créées.

Le choix des accidents

Lors de mon exposition, ce sont ces images “ratées” que j’ai décidé d’imprimer en grand (150 cm x 60 cm) car pour moi elles représentent parfaitement ce processus d’acculturation, par touches successives, en sachant que notre perception du pays sera toujours quelque part déformée (de par notre propre culture, nos préjugés, nos expériences passées).

J’aime beaucoup aussi l’idée de répétition, produire de multiples variations d’une même image. 

Cela reflète mon propre processus de création. J’observe, je parle à différentes personnes, je retourne sur les mêmes lieux, je retravaille les mêmes matériaux sous différents angles avant que toutes ces images prennent sens.

La suite du projet

Le projet est loin d’être fini. Je réfléchis à plusieurs angles.

Les interviews bien sûr, que je veux continuer à développer. À chaque réécoute je découvre des choses intéressantes, cela va me prendre pas mal de temps.

Les photos que vous m’avez envoyées : j’ai reçu quatre contributions et je vous en remercie. Toutes ces photos sont très inspirantes. Je vais prendre le temps de les regarder en détail. N’hésitez pas à continuer à m’envoyer vos images !

Le parapluie : Dans mon 8ème post (week 33), j’avais parlé des scènes cultes des K-dramas dont celle du parapluie que je trouve emblématique de l’idée de l’homme protecteur véhiculée par les séries coréennes.

Appel à contributions : scènes de parapluie

Je fais donc appel à vous pour avoir des références de scènes de parapluie. Vous pouvez m’envoyer :

  • Le titre de la série avec si possible le numéro de l’épisode
  • La vidéo ou une photo de la séquence
  • Vos photos personnelles de parapluies

Voici un exemple extrait de Moon Lovers dont certaines d’entre vous sont fans. Ce n’est pas vraiment un parapluie mais cela reflète bien l’idée.

L’idée est de créer une vidéo à partir de ces matériaux.

Voilà les dernières nouvelles. J’espère que la préparation des fêtes se passe bien de votre côté et je vous retrouve la semaine prochaine.

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