Korean_Puzzle

Research project on women over 45 who are passionate about South Korea

Projet de recherche sur les femmes de plus de 45 ans passionnées de Corée du Sud

Le puzzle coréen explore le paradoxe entre les femmes occidentales de plus de 45 ans fascinées par la Corée et les jeunes Coréennes qui rêvent de partir.

This blog is dedicated to the women participating in this research project on the appeal of South Korea among women—mostly French-speaking—over the age of 45. Often overlooked, their enthusiasm is poorly documented in the numerous studies that examine the Hallyu (Korean wave) phenomenon.

It also aims to contrast this enthusiasm with the desire of a younger generation of Korean women to live abroad. 

How can the same country generate such contrasting feelings of attraction and rejection?

These are the questions that underpin this collaborative project.

Week 1 – Nouvelle année

Tout d’abord tous mes voeux pour cette nouvelle année, qu’elle soit remplie de bonheur, de belles rencontres et de merveilleux voyages – en Corée bien sûr pour celles qui auront la chance d’y aller en 2026.

J’espère en faire partie, mais la priorité est d’abord de retrouver un travail rémunéré pour renflouer les caisses. Les perspectives sont quelque peu moroses et puis je me demande comment je vais concilier “travail rémunéré” et “travail artistique” – j’ai du mal à utiliser le même mot pour ces deux aspects de ma vie professionelle.

Je crains également de ne plus avoir assez de temps et surtout d’énergie pour continuer à travailler sur ce projet quand j’aurai retrouvé une mission. J’avais pourtant le temps en décembre mais j’ai le sentiment de m’être éparpillée. 

Bilan de recherche 

En ce moment, je travaille au bilan de recherche que je dois fournir à l’ADAGP. J’ai reçu une bourse au printemps dernier qui m’a permis de financer le billet d’avion et la résidence à Busan.

Ce bilan est aussi l’occasion de préparer un dossier de présentation pour soumettre des candidatures. J’ai postulé à trois festivals avec la série Rémanences – 잔상 (jansang) – Afterimage réalisée à Busan. Premier refus déjà reçu. Beaucoup de festivals ne répondent plus, il faut vérifier sur leurs sites.

C’est dommage car j’avais commencé une collection de tous les mails de refus, inspirée par le projet de Julien Prévieux : Lettres de non-motivation, que je vous recommande.

J’aimerais également poursuivre l’impression en sérigraphie des photographies réalisées au Lomokino à Busan, je n’ai pas encore commencé à chercher un atelier de sérigraphie sur Paris. Je n’ai pas le budget de toute façon.

Le Parapluie Jaune

Comme indiqué dans un précédent post, je poursuis mes recherches sur les scènes de parapluie dans les K-dramas. J’ai collecté 15 clips à ce jour. Je réfléchis aussi à la symbolique du parapluie : symbole d’amour inconditionnel selon Rolling Stone India, il est aussi devenu l’emblème de la résistance à Hong Kong.

Pour trouver l’inspiration, je regarde les courts-métrages d’Agnès Varda et j’ai revu Sans Soleil de Chris Marker.

J’ai l’impression de ne pas avancer pourtant j’ai des horaires de bureau. Comme les travaux de ravalement de ma façade sont en cours, je pars souvent dès 8h du matin, je vais au café les Cousins pas loin de chez moi, je rentre pour déjeuner et je repars dès 14h pour m’installer dans un autre café. Mais j’ai fait le compte et cela aussi finit par revenir cher, alors j’ai commencé à repérer les bibliothèques pas loin de la maison. Là aussi les places sont chères surtout depuis que Beaubourg à fermer. Hier après-midi, j’ai pris la dernière place de libre à la bibliothèque Violette Leduc pas loin de chez moi.

Jeudi 1er janvier, j’ai décidé d’aller à la recherche de parapluies dans les représentations picturales du Musée d’Orsay. Surprise : énormément de touristes, notamment asiatiques, qui faisaient la queue… pour se photographier devant l’horloge ! J’avais repéré plusieurs tableaux sur le site du musée don’t celui de Signac, Femme à l’ombrelle.

Je n’ai pas trouvé de parapluie, plutôt des ombrelles. Autant il y avait un petit attroupement devant La femme à l’ombrelle de Claude Monet – rien de comparable cependant avec La nuit étoilée de Van Gogh, autant la salle du Signac était pratiquement vide. Pas grand monde non plus devant les Gauguin et encore moins dans la salle suivante consacrée à Odilon Redon dont les arbres sur fond jaune m’ont fascinée.

La semaine prochaine, je pars à Londres pour deux jours (voyage prévu de longue date et maintes fois reporté). J’ai repéré un magasin de parapluie, James Smith & Sons, que je compte visiter. La météo prévoit de la neige – ce sera l’occasion de filmer des parapluies en action. C’est étonnant : je ne crois pas que j’aurais la même idée à Paris, mais le faire à Londres me semble une bonne opportunité.

Autres expos parisiennes

Je profite de ce temps libre pour faire les expos sur Paris. 

Je suis allée voir Mickalene Thomas au Grand Palais. Très belle expo. Mickalene Thomas est une artiste noire américaine qui travaille différents mediums: photo, vidéo, peinture, collages, installation. Elle réalise de très beaux portraits de femmes noires et se joue des représentations parfois sexistes et coloniales dans les magazines.

J’ai également vu les expos de François-Xavier Gbré et Sybille Bergemann à la Fondation Cartier Bression. Si vous êtes sur Paris, je vous recommande cette dernière. Intitulée Le Monument, elle reprend le reportage réalisé par Bergemann sur plus de 10 ans sur la construction du monument à Marx et Engels à Berlin Est. Pleine d’humour décalé, cette série préfigure la chute du communisme.

Corps géographiques

La semaine dernière j’ai déjeuné avec une amie et je lui ai raconté ma résidence et ce sentiment que j’ai eu là-bas de faire partie d’une communauté. Elle m’a demandé si je savais pourquoi cela s’était produit spécifiquement en Corée. J’ai répondu que je pensais que c’était surtout lié aux personnes rencontrées. Mais elle a insisté sur le fait que le lieu n’était surement pas anodin. 

J’ai repensé aux interviews et aux femmes qui m’ont dit que dès qu’elles arrivaient, elles se sentaient bien, détendues, que tout leur semblait facile. Ce n’est pas ce que j’ai ressenti mais, au cours du séjour, c’est installé ce sentiment d’appartenance qui est nouveau pour moi.

Je me suis souvenue de  l’entretien d’Edouard Louis avec Nathan Devers dans l’émission Sans préjuger. Dans son livre Changer : méthode, Edouard Louis parle de “corps géographiques”, cette façon dont les comportements des individus changent en fonction des lieux dans lesquels ils se trouvent: “…comme s’il suffisait de placer un corps dans un cadre géographique différent pour le changer complètement, comme si les corps étaient avant tout, ou du moins en partie, des corps géographiques”.

Est-ce que c’est cela qui se produit avec la Corée?

Voilà où j’en suis dans mes réflexions. Je réalise que ces mots que je vous écris font grandir le projet, même si ce mode de communication n’est pas très interactif.

En tout cas j’espère bien revoir plusieurs d’entre vous en 2026, peut-être en Corée!

PS : N’hésitez pas à continuer à m’envoyer vos photos de Corée et vos références de scènes de parapluie dans les K-dramas.

Week 1 – New Year

First of all, all my best wishes for this new year, may it be filled with happiness, wonderful encounters and marvelous travels – to Korea of course for those who will have the chance to go there in 2026.

I hope to be among them, but the priority is to find paid work to replenish my finances. The prospects are somewhat gloomy and I wonder how I’m going to balance “paid work” and “artistic work” – I have a hard time using the same word for these two aspects of my professional life.

I’m also afraid that I will no longer have enough time and energy to continue working on this project when I find a new contract. I had time in December but I feel like I was scattered all over.

Research Report

Right now, I’m working on the research report I need to provide to ADAGP. I received a grant last spring that paid for the plane ticket and the residency in Busan.

It’s also an opportunity to prepare a presentation to send around. I applied to three festivals with the series Rémanences – 잔상 (jansang) – Afterimage created in Busan. I was not selected for the first one without any particular notice as many festivals no longer send a written response, you have to check their websites.

It’s a shame because I had started a collection of all the rejection emails I receive, inspired by Julien Prévieux’s project: Lettres de non-motivation (Letters of Non-Motivation), which I recommend.

I would like to continue screen printing the photographs taken in Busan, I still have to find a printing studio in Paris but I don’t have the budget anyway.

The Yellow Umbrella

As mentioned in a previous post, I’m continuing my research on umbrella scenes in K-dramas. I’ve collected 15 clips to date. I’m also researching what the umbrella represent in our cultures: a symbol of unconditional love according to Rolling Stone India, it has become the emblem of resistance in Hong Kong.

For inspiration, I’m watching Agnès Varda’s short films and I rewatched Chris Marker’s Sans Soleil.

I feel like I’m not making progress yet I keep office hours. Since the facade work on my building is ongoing, I often leave at 8 a.m., to go to Les Cousins café near my home. I come back for lunch and leave again at 2 p.m. to settle into another café. But I did the math and this also ends up being expensive, so I started scouting libraries near home. 

Thursday, January 1st, I decided to go looking for umbrellas at the Musée d’Orsay. Surprise: huge crowds of tourists, particularly Asian, lining up… to photograph themselves in front of the clock! I had spotted several paintings on the museum’s website, including Signac’s Woman with a Parasol.

I didn’t find any umbrellas, rather parasols. While there was a small crowd in front of Claude Monet’s Woman with a Parasol – nothing comparable however to Van Gogh’s Starry Night – Signac’s room was practically empty. Not many people in front of the Gauguins either and even fewer in the next room dedicated to Odilon Redon whose trees against a yellow background fascinated me.

Next week, I’m going to London for two days (a long-planned trip repeatedly postponed). I’ve spotted an umbrella shop, James Smith & Sons, that I plan to visit. The weather forecast predicts snow – it will be an opportunity to film umbrellas in action. It’s strange: I don’t think I would have the same idea in Paris, but doing it in London seems like a good opportunity.

Other Parisian Exhibitions

I’m taking advantage of my free time to see exhibitions in Paris.

I went to see Mickalene Thomas at the Grand Palais. Beautiful exhibition. Mickalene Thomas is a Black American artist who works with different mediums: photography, video, painting, collages, installation. She creates beautiful portraits of Black women and plays with sometimes sexist and colonial representations in magazines.

I also saw exhibitions by François-Xavier Gbré and Sybille Bergemann at the Fondation Cartier Bresson. If you’re in Paris, I recommend the latter. Titled The Monument, it features the reportage Bergemann made over more than 10 years on the construction of the monument to Marx and Engels in East Berlin. Full of offbeat humor, this series foreshadows the fall of communism.

Geographic Bodies

Last week I had lunch with a friend and told her about my residency and this feeling I had there of truly being part of a community. She asked me if I knew why it had happened specifically in Korea. I told her that I thought it was mainly linked to the people I met there. But she insisted that the place was surely not insignificant.

It brought back the discussions I had with the women I interviewed, some of them telling me that as soon as they arrive, they feel good, relaxed, that everything seems to be easy. That’s not how I felt, little by little, I developped a sense of belonging that was new to me.

I remembered Édouard Louis’s interview with Nathan Devers on the show Sans préjuger. In his book Changer: méthode (Change: Method), Édouard Louis talks about “geographic bodies ” the way in which individuals’ behaviors change depending on where they are: “…as if simply placing a body in a different geographical setting were enough to change it completely, as if bodies were above all, or at least in part, geographical bodies.”

Is this what is happening with Korea?

That’s where I am in my thinking. I realize that these words I am writing to you are helping the project grow, even if this mode of communication is not very interactive.

In any case, I hope to see many of you again in 2026, perhaps in Korea!

PS: Please continue to send me your photos of Korea and your references to umbrella scenes in K-dramas.

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