Bonjour à toutes,
Lorsque j’arrive au dimanche et que je commence ce post, j’ai du mal à me souvenir de ce que j’ai fait de ma semaine. Comme d’habitude, j’ai le sentiment de ne pas avoir beaucoup avancé.
La vidéo “Le parapluie jaune”
J’ai repris le début de la vidéo. Pour l’instant, je l’ai structurée en 4 séquences :
- Une première où je parle de l’objet sans le mentionner, pour instaurer une certaine curiosité chez le spectateur;
- Une deuxième où je joue visuellement sur la structure du mot en lui-même, dans les trois langues, anglais, français, coréen: UMBRELLA, PARAPLUIE et 장우산 (d’ailleurs, pour les expertes en coréen, est-ce que le terme 장우산 – parapluie long – est le bon ?);
- Une troisième où je m’interroge sur la symbolique du parapluie à travers les âges: depuis symbole de pouvoir et de classe, avant de devenir un objet du quotidien (qui toutefois reste toujours un certain symbole de luxe en fonction du parapluie);
- La quatrième consacrée aux scènes de parapluie dans les K-dramas
En reprenant mes notes, j’ai trouvé une nouvelle séquence de parapluie jaune dans la série The Secret Life of My Secretary, mais Je ne suis pas encore arrivée à l’épisode crucial!
Exposition Images et textes
Cette semaine, j’ai également travaillé sur un autre projet, Change Slowly, une série de fanzines mêlant textes et images dévelopée l’année dernière. J’ai l’opportunité de l’exposer au Centre Verdier fin mars – pour celles qui sont sur Paris, le vernissage aura lieu le 26 mars.
Passer du format livre à l’exposition a toujours été un challenge pour moi. Cette semaine, j’ai rencontré Bruno Dubreuil qui organise l’exposition pour discuter de ma proposition.
Un de mes challenges est que je suis incapable de visualiser le rendu sur ordinateur, je dois imprimer et faire des tests pour me rendre compte, ce qui prend beaucoup de temps… et d’argent.
Le travail
En parlant d’argent, j’ai eu un entretien assez lunaire cette semaine. Le cabinet m’avait contacté le 2 janvier et j’ai enfin eu l’entretien avec le client ce lundi 2 février. Lunaire parce que le client a voulu faire l’entretien en visio. J’étais dans un café (ravalement oblige), et une des personnes dans un aéroport – brouhaha garantit. Je n’ai toujours pas compris en quoi consistait le poste si ce n’est qu’il fallait être “hands on” (aka mettre les mains dans le cambouis) et flexible. Mais bon rien d’autre en vue en ce moment. Je n’ai toujours pas eu de réponse si ce n’est un premier retour du cabinet qu’une des personnes avait eu un “bon feeling”. Suite la semaine prochaine j’espère.
Quelques belles découvertes
J’ai visité quelques belles expos cette semaine. Avec Jocelyne, je suis allée voir “Rêveries de pierres : poésie et minéraux de Roger Caillois” à l’École des Arts Joailliers. Très belle expo qui m’a rappelé mon projet précédent sur les roches de l’île de Groix et m’a donné envie de visiter le Brésil.
Je suis également allée voir l’expo d’Otobong Nkanga au Musée d’Art Moderne. Magnifique ! Je vous recommande.
Vieillissement et Corée – une question centrale
J’ai également eu la chance d’échanger cette semaine avec une sociologue de l’université de Tours spécialisée dans le vieillissement. Elle m’a donné quelques articles intéressants à lire.
Celui de Rose-Marie Lagrave, La vieillesse, heure de vérité de la dureté du monde, m’a particulièrement interpellée. Elle y parle de la vieillesse comme d”une frontière sociale au-delà de laquelle tout ne serait que déclin, lâcher-prise et mort sociale”. En tout cas dans nos sociétés occidentales.
Cette lecture m’a amenée à me questionner sur le vieillissement en Corée. Est-ce différent là-bas ? Il y a certes le respect des anciens lié au confucianisme, mais je ne suis pas sûre que la vieillesse soit mieux vécue et acceptée au-delà de la surface des apparences.
La Corée me paraît être une société fondée sur l’image où l’apparence est très importante. Une femme d’origine russe qui vit en Corée m’a dit que la société était très âgiste.
D’ailleurs, lorsque j’étais sur place, j’ai lu un article sur des cafés qui interdisent l’accès aux hommes de plus de 50 ans car ils seraient trop impolis et bruyants. Je dois dire que ma propre expérience des transports en commun m’a laissé la même impression.
Jocelyne, qui est une mine d’information sur la Corée, m’a envoyé le lien vers un article sur les “No senior zones” en Corée et au Japon, où certains établissements interdisent l’accès aux plus de 40 ans.
En même temps, la société me paraît tellement corsetée dans ce respect forcé aux anciens que je vois ce phénomène comme une forme de révolte face au carcan aosical. Cette tension entre respect confucéen et âgisme moderne est fascinante et troublante.
Cela soulève des questions essentielles pour mon projet : les femmes de plus de 50 ans que j’ai rencontrées, qui expriment un tel amour pour la Corée, ont-elles conscience de cet âgisme ?
Comment le vivent-elles quand elles sont sur place ? Est-ce que leur âge les rend invisibles là-bas aussi, ou au contraire, leur statut d’étrangères les protège-t-il de certaines discriminations ?
A priori, des entretiens réalisés, j’ai retenu que c’était plutôt le respect et la gentillesse qui prédominent, mais est-ce lié au statut d’étrangère? Est-ce que le statut de tourisme permet d’échapper à ces catégorisations?
Il faudrait vivre et travailler sur place pour vraiment se rendre compte. Mais ces questions vont nourrir mes prochains échanges avec les femmes du projet.
Quand j’aurais plus de temps, j’aimerais discuter avec des femmes qui sont restées sur de plus longues périodes en Corée pour voir si leur ressenti est différent.
À venir
Le 21 février je serai au festival Kaja Koréa à Bordeaux, c’est aussi l’occasion de visiter ma famille paternelle. J’espère y voir certaines d’entre vous.
Voilà mes réflexions pour la semaine.
À bientôt
Karine




Hello everyone,
When I get to Sunday and start this post, I find it hard to remember what I did during the week. As usual, I feel like I haven’t made much progress.
The video “The Yellow Umbrella”
I’ve gone back to the beginning of the video. For now, I’ve structured it into four sequences:
• The first one where I talk about the object without mentioning it, the idea is to raise the viewer’s curiosity.
• A second sequence where I play visually on the structure of the word itself, in three languages: English, French, and Korean: UMBRELLA, PARAPLUIE, and 장우산 (by the way, for those who are experts in Korean, is the term 장우산 – long umbrella – correct?).
• A third where I question the symbolism of the umbrella through ages: from a symbol of power and class, to becoming this everyday object.
• The fourth is devoted to umbrella scenes in K-dramas.
Looking through my notes, I found a new sequence featuring a yellow umbrella in the series The Secret Life of My Secretary, but I haven’t gotten to the crucial episode yet!
Exhibition Images and Texts
This week, I also worked on another project, Change Slowly, a series of zines combining texts and images that I developed last year. I have an upcoming exhibition at Centre Verdier at the end of March – for those of you in Paris, the opening will take place on March 26.
Moving from book format to an exhibition wall has always been a challenge for me. This week, I met with Bruno Dubreuil, who is organizing the exhibition, to discuss my proposal.
One of my challenges is that I am unable to visualize the final result on a computer, so I have to print and test to see how it will look like, which takes a lot of time… and money.
Job
Speaking of money, I had a rather bizarre interview this week. The recruitment firm contacted me on January 2nd, to eventually organize an interview with the client on Monday, February 2 – 1 month later!
Bizarre because the client wanted to do the interview via video chat. I was in a café (due to my building’s renovations), and one of the people was in an airport.
After more than one hour interview, I still don’t understand what the job entails, except that I’ll have to be “hands on” and flexible. But there is nothing else is on the horizon right now. I still haven’t heard back, except initial feedback from the recruitment firm that one of the people I interviewed with had a “good feeling” about me. More next week, I hope.
Great discoveries
I visited 2 great exhibitions this week. With Jocelyne, we went to see “Rêveries de pierres: poésie et minéraux de Roger Caillois” (Stone Reveries: Poetry and Minerals by Roger Caillois) at the École des Arts Joailliers. It was a beautiful exhibition that reminded me of my previous project on the rocks of Groix and made me want to visit Brazil.
I also went to see Otobong Nkanga’s exhibition at the Museum of Modern Art. Magnificent! I highly recommend it.
Aging and Korea – a key issue
This week, I also had the opportunity to talk to a sociologist from the University of Tours who specializes in aging. She gave me some interesting articles to read.
The one by Rose-Marie Lagrave, Old age, the moment of truth about the harshness of the world, particularly caught my attention. In it, she talks about old age as a social boundary beyond which everything is decline, letting go, and social death. At least in our Western societies.
This led me to question aging in Korea. Is it different there? There is certainly a deep respect for the elderly linked to Confucianism, but I’m not sure that old age is better experienced and accepted beyond the surface of appearances.
Korea seems to me to be a society based on image, where appearances are very important. A woman of Russian origin who lives in Korea told me that society is very ageist.
In fact, when I was there, I read an article about cafes that refuses men over 50 because they are considered too rude and noisy. I must say that my own experience with public transportation left me with the same impression.
Jocelyne, who is a wealth of information on Korea, sent me a link to an article on “No senior zones” in Korea and Japan, where certain establishments prohibit access to people over 40.
At the same time, the society seems so constrained by this forced respect for elders that I see this phenomenon more as a form of rebellion against the social constraint. This tension between Confucian respect and modern ageism is fascinating and troubling.
It raises essential questions for my project: are the women over 50 that I have met, who express such love for Korea, aware of this ageism?
How do they experience it when they are there? Does their age make them invisible there too, or, on the contrary, does their status as foreigners protect them from certain forms of discrimination?
Based on the interviews, I feel that respect and kindness seemed to prevail, but is this related to the status of foreigner? Does being a tourist allow you to escape these categorizations?
You would have to live and work there to really understand. But these questions will fuel my future discussions with the women involved in the project.
When I have more time, I would like to talk to women who have stayed in Korea for longer periods to see if their feelings are different.
Coming soon
On February 21, I will be at the Kaja Koréa festival in Bordeaux, which will also give me the opportunity to visit my paternal family. I hope to see some of you there.
Those are my thoughts for the week.
See you soon,
Karine


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