Korean_Puzzle

Research project on women over 45 who are passionate about South Korea

Projet de recherche sur les femmes de plus de 45 ans passionnées de Corée du Sud

Le Puzzle Coréen explore un phénomène contemporain peu documenté : l’engouement des femmes occidentales de plus de 45 ans pour la culture sud-coréenne.

This blog is dedicated to the women participating in this research project on the appeal of South Korea among women—mostly French-speaking—over the age of 45. Often overlooked, their enthusiasm is poorly documented in the numerous studies that examine the Hallyu (Korean wave) phenomenon.

Week 33 – I, comme idéalisation, identité

Bonjour à toutes, j’espère que vous allez bien.

C’est mon dernier jour en Bretagne, je repars demain matin pour Paris. J’ai beaucoup apprécié ces journées à la campagne, surtout avec les températures qu’on a eues cette semaine ; être dehors toute la journée était bien agréable.

J’en ai profité pour continuer à transcrire nos interviews. Bien que ce soit quelque peu fastidieux, cela m’a replongée en Corée.

La semaine dernière, nous évoquions la lettre H. Heureusement, Annie m’a rappelé tous ces mots coréens qui commencent par H dont je n’avais pas parlé : Hallyu (la vague coréenne), Hanbok, Hanok, Haenyeo. Merci Annie pour cette contribution !

Cette semaine nous passons à la lettre I. I comme idéalisation – de l’homme, de la relation amoureuse, du physique ; et I comme identité – comment garder son identité après la colonisation japonaise pour les Coréens.

Idéalisation

Je pense que sous ce vocable, il y a deux aspects, même si je ne suis pas sûre que le terme « idéalisation » soit le bon. Dans les interviews, la réalité économique (conditions de travail, système de retraite…) et sociale (pression, taux de suicide élevé, place de la femme…) ressort, mais il reste une certaine idéalisation de la vie en Corée par les non-Coréens.

Il est vrai que lorsqu’on arrive en Corée, beaucoup de choses paraissent plus structurées, ordonnées. Les relations sont plus policées et sûres — on peut laisser son sac et aller aux toilettes dans un café sans aucun risque. Le métro est propre, les gens attendent aux feux, les lieux publics sont bien équipés : appareils pour essorer les parapluies à l’entrée du métro, grands parasols aux carrefours pour s’abriter du soleil.

Mon côté empêcheur de tourner en rond vous dirait que certains de ces éléments sont plus liés au climat (températures étouffantes et pluies diluviennes) qu’à une volonté réfléchie d’améliorer la vie en communauté, car on les retrouve dans d’autres pays au climat similaire. Mais bon, je dois dire que voyager seule en Corée est très agréable et facile (comme au Japon d’ailleurs).

Alors pour celles qui sont déjà allées en Corée, est-ce que vous parleriez d’idéalisation ? Qu’en pensez-vous ?

De la même façon, en discutant avec des personnes qui vivent en Corée (Coréens et étrangers), j’ai réalisé que le terme pouvait s’appliquer aux Coréens eux-mêmes. Mais ici cela relève plus de l’idéalisation de l’image que l’on projette — de réussite, de beauté (d’où le boom de la chirurgie esthétique) — liée aux injonctions sociales.

Une Française qui vit là-bas depuis plusieurs années me disait que l’image de réussite sociale est très importante, et que dans son immeuble elle voit des jeunes hommes qui vivent dans un tout petit appartement mais qui ont une grosse voiture. Plusieurs personnes m’ont parlé de ces sites de rencontres où l’on doit renseigner ce que l’on gagne, où l’on vit, le modèle de sa voiture, ce que font ses parents et si on a des frères et sœurs (pour l’héritage).

L’image de la réussite semble très importante et relèverait principalement d’aspects matériels et physiques. Je ne connais pas assez la Corée pour avoir un avis tranché, mais la pression en ligne qui s’exerce sur les idoles et autres célébrités me semble bien relever d’une certaine idéalisation de la perfection.

Affaire à suivre…

Identité

Lors de mon premier séjour en 2018, ce qui m’avait marqué, c’est la qualité des musées et des galeries d’art, et combien de projets de jeunes artistes coréens portaient sur la période de colonisation japonaise. On sentait la volonté de préserver et de faire connaître sa culture — comme si l’identité coréenne, longtemps menacée, devait continuer à s’affirmer et se raconter.

Comme pour idéalisation, le terme “identité” a un autre aspect qui s’applique aux non-Coréens. 

À travers leur passion pour la Corée, beaucoup de femmes interrogées trouvent un but qui apporte un supplément dans leur vie.

J’ai déjà évoqué cette idée que l’arrivée à la cinquantaine marque une phase de transition dans la vie d’une femme (enfants qui quittent la maison, ménopause, moins de perspectives professionnelles, parfois un sentiment de devenir invisible dans la société…) qui s’apparente à l’adolescence et au passage à la vie adulte, où il y a tant de changements physiques et sociaux.

Dans les deux cas, je pense que se découvrir une nouvelle passion — qu’en prime on peut partager avec d’autres — permet d’ouvrir d’autres horizons et, quelque part, de se réinventer.

En tout cas, c’est mon expérience avec la photo et avec ce projet, qui m’ouvre sur une autre façon d’aborder mes projets, sur d’autres types de collaborations, et qui m’a permis de faire de belles rencontres. Ce projet a changé ma manière de travailler : je ne fabrique plus seule des images, je les construis avec vous.

Est-ce que vous diriez que cette passion a changé quelque chose en vous, ou sur la façon dont vous vous percevez ou vous définissez ? Est-ce que quelque part cela a changé votre identité ?

Voilà pour cette semaine. N’hésitez à partager vos remarques et à faire des suggestions de mots et d’images.

Note : en couverture je vous mets l’image du pont Wolyeonggyo à Andong. Je l’ai découvert dans la série Spooky in Love hier et je trouve qu’il illustre bien l’idée d’un idéal romantique.

Certaines d’entre vous sont-elles allées à Andong ? Avez-vous des images ?

En tout cas cela me donne envie de découvrir cette ville.

A bientôt

Karine

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