Bonjour à toutes,
Comment allez-vous ? La canicule est de retour à Paris mais j’ai trouvé un café climatisé !
Je n’écris pas depuis celui-ci mais depuis Amendula, rue Cotte, où j’ai mes habitudes du dimanche matin. Au moins je sais où je vais passer mes prochaines journées.
Merci à Marion pour sa contribution à la lettre D comme Défi ! Effectivement, partir seule en Corée comme beaucoup d’entre vous est un vrai défi. Je pense à Jocelyne qui vient d’y passer 3 mois ou a à Danielle et l’aventure de son débarquement en fin de journée à la marina de Busan, sans réseau et sans moyen de réserver un taxi. Mais Danielle est pleine de ressources et à trouver son chemin en passant par le poste de police. Je n’y avais pas pensé mais c’est une bonne idée quand on est perdue.
Pour la lettre E, j’ai noté : esthétique, ensemble, exigence, évasion, échappatoire, émotions.
Esthétique
Même si les coréens sont parfois qualifiés de « copieurs » par les critiques qui ne voient dans la Kpop qu’un remix de différents courants musicaux existants, il faut admettre qu’ils ont la capacité de créer quelque chose d’original. Je me souviens d’une conférence de Sébastien Falleti au centre culturel coréen qui évoquait cette capacité des créateurs coréens d’identifier les nouvelles tendances.
On peut aussi souligner l’esthétique soignée des créations coréennes que ce soit dans la musique, les dramas ou les films.
Ensemble
C’est peut-être le mot qui résonne le plus avec ce projet – 우리 qui revient souvent, cette idée du vivre ensemble, de communauté, de support, du lien. C’est cette théorie du lien qui est mis en avant par Sylvie Octobre et Vincenzo Cicchelli dans leur livre K-dramas, ces séries qui font du bien , pour expliquer le succès des K-dramas.
Pourtant, en regardant toutes ces générations rivées sur l’écran de leur portable dans le métro, j’ai ressenti une extrême solitude mais c’est peut-être parce que c’est un sentiment qui m’accompagne depuis toujours et que j’y suis particulièrement sensible.
Mais du peu que j’ai échangé avec mes amies coréennes ou des personnes vivant en Corée, il est indéniable que la société coréenne a su tisser des liens très forts entre ses individus.
Exigence
La Corée est en effet connue pour son exigence – dans les études, au travail, dans la qualité de ses productions artistiques. Ce n’est pas pour rien que le pays a l’un des plus forts taux de suicide au monde. Peut-être aussi parce que la réussite matérielle et sociale est très importante même si les jeunes générations challengent ce modèle.
Je pense vous avoir déjà parlé du projet de Lauren, artiste irlandaise qui était en résidence avec moi, sur le bonheur. En Corée, le bonheur était associé à la réussite matérielle, une des personnes interviewées lui a dit que pour un coréen, le bonheur est de posséder un immeuble.
Je me demande quelle serait la définition du bonheur en France ?
Évasion
C’est sûr que lorsqu’on pose le pied en Corée on est dans un autre monde.
La Corée reste pour moi un pays étrange plein de contrastes : la nature onmiprésente avec ces montagnes qui recouvrent 70% du territoire, l’immensité des villes avec les apateu qui se dressent où que porte le regard concurrençant les montagnes elles-mêmes, le contraste entre les montagnes et la mer comme à Busan.
Je n’ai pas testé les randonnées mais ma dernière discussion avec Annie m’a motivée à explorer cette option lors d’un prochain voyage. Peut-être certaines d’entre vous ont-elles des recommandations ?
Échappatoire
Plusieurs d’entre vous ont évoqué le visionnage des K-dramas comme une « échappatoire » au quotidien, une « bulle de bonheur ». N’est-ce pas un des objectifs de la création audiovisuelle ? Pouvoir s’extraire des contraintes et des soucis du quotidien et se plonger dans un autre univers pour vivre pleinement de nouvelles sensations. Il ne faut pas bien sûr que cette échappatoire nous coupe de la réalité.
Plusieurs femmes ont également évoqué que lorsqu’elles arrivent en Corée, elles se sentent bien, en paix. Ce n’est pas mon expérience, en tout cas pas dans les villes que je trouve « overwhelming », trop grandes, trop hautes, trop bruyantes, avec trop de stimuli visuels.
J’avoue avoir ressenti cette quiétude lors de balades en montagne ou à la campagne, mais je ressens la même chose à Marchiennes où je loge actuellement lorsque je vais me promener dans la forêt le soir.
Mais je m’échappe aussi souvent dans les K-dramas, même si depuis quelque temps, j’ai du mal à en trouver qui me plonge dans cet état de « quiétude marshmallow » que j’ai connu au début en regardant Alchemy of souls par exemple.
Quels sont les dramas que vous regardez en ce moment ?
Émotions
J’en reviens à l’idée qu’avant tout, à travers les K-dramas, la K-beauty, la K-pop, la K-food….,la K-expérience, la Corée se vend comme une expérience, des émotions à vivre, à consommer aussi. Je ne sais pas encore comment illustrer cette notion, difficile d’exprimer en images les émotions que procurent le contact avec ce pays si étrange et fascinant.
Pas de photos aujourd’hui, si ce n’est un petit détour hier à Vincennes pour un festival sur la Corée – rien d’intéressant. En plein cagnard, je n’ai fait qu’un aller-retour.
J’attends avec impatience votre retour sur ce post.
A bientôt
Karine


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